mercredi 7 août 2013

#92






et vers cette mer morte la vague hier en s'arrêtant recouvre la plage jusque là-bas où le temps devint comme le sable
ce fut une histoire qui n'a tenu que dans les mots prononcés

une histoire égale à la mer là où elle n'a plus de marée ni de vent
une histoire étale sans suite maintenant l'horizon
et la chose et son réel se fondent à n'être plus rien

que de l'eau dans de l'eau
tel le sort du lieu des mots
dans ce destin des liens du sang
une histoire hors de portée
où ne reste qu'une écriture
en voyage et lecture
un barrage contre l'océan

ce fut une histoire comme une autre,
une prémonition de mots de cet apatride en janvier 2006 avec une bribe de Marguerite Duras (1914-1996) :   

"...Et avec le soir un vent frais s'éleva qui devait venir d'une région où déjà l'orage avait éclaté, il sentait l'eau... Je pourrais peut-être vivre d'autre chose que de son souvenir...C'est une histoire comme les autres, ... tu dois mal la comprendre... d'où nous vient qu'on reconnaisse quelqu'un sans l'avoir jamais vu?...
Je ne reconnus plus personne… ce n'était pas son regard mais celui de tout le monde..."


L'apatride



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